Article du Républicain Lorrain.
La semaine dernière, c’est sur la zone commerciale de Linkling, à Thionville, que les salariés de Darty avaient fait grève. Hier, c’est sur celle d’Augny qu’une vingtaine de salariés de ce magasin de l’agglomération messine ont répondu à l’appel de la CGT. Bien décidés à faire entendre leur colère, ils ont distribué des tracts et fait signer des pétitions à la clientèle. Tous espèrent une revalorisation salariale et dénoncent des conditions de travail qu’ils estiment déplorables.
En moyenne, je gagne 760 € par mois pour 35 heures hebdomadaires, déplore Stéphane, employé du magasin depuis deux ans. Avec les primes, on arrive au Smic. Lemois dernier, j’ai atteint 980 €! » À côté, Karim Chellali, délégué central CGT Darty nord, poursuit : « La prime moyenne que nous percevons sur les produits est de 60 centimes ! Après Thionville et Augny, le mouvement pourrait bien se poursuivre. En effet, des salariés d’Île-de-France et de la région Paca sont solidaires de ce mouvement. Ils pourraient suivre la démarche car leurs conditions de travail sont les mêmes que les nôtres. »
Rencontré, Patrick Mamet, directeur du magasin d’Augny, n’a pas souhaité s’exprimer. Même attitude du directeur régional qui n’a pas répondu à notre sollicitation.
D.-A. D.
Article du Républicain Lorrain
Share on FacebookArticle de Droit Ouvrier de décembre 2011 à propos de l’arrêt de Cour de Cassation du 29 juin 2011 (voir l’arrêt sur Légifrance)
« Il faut sauver le forfait jours ! » s’exclamaient d’aucuns (1) aulendemain de la condamnation, par le Comité européen des droits sociaux fondamentaux, du système issu de la loi du 20 août 2008. Ce n’était pas lapremière fois que le CEDS soulignait les insuffisances de la loi française (2) et cela n’avait pourtant pas arrêté le législateur. Légalisées en 2000 (loi Aubry II), assouplies en 2003 (loi Fillon II) et élargies aux non-cadres en 2005 sous le gouvernement Villepin (3), cette évolution législative a été parachevée par la loidu 20 août 2008 qui simplifie un peu plus le recours aux conventions de forfait.
La scène est pour le moins inhabituelle : drapeau CGT, porte-voix et banderoles à l’entrée de Darty dans la zone commerciale du Linkling de Thionville-Terville… A l’intérieur, rien d’inhabituel, si ce n’est qu’en ce samedi après-midi, il n’y a qu’un ou deux vendeurs pour accueillir la clientèle. « On distribue une note explicative aux clients pour qu’ils comprennent la situation », s’excuse Karim Chellali, délégué central CGT Darty nord, salarié à Terville depuis janvier 2008. L’essentiel des revendications repose sur une revalorisation salariale. « Le salaire de base moyen d’un conseiller Darty pour 35h est de 760€ brut ! dénonce le délégué. Et ne croyez pas que l’on s’enrichisse en proposant la gamme de produits et de services de nos magasins. La prime moyenne que nous percevons sur les produits est de 60 centimes. » Les vendeurs poursuivent leur démonstration : « Admettons qu’un salarié ait généré 80 000€ de chiffre d’affaires en décembre ( mois le plus fort de l’année). En travaillant trois dimanches, son salaire sera en moyenne de 1150€ net. Nous vous laissons imaginer les autres mois de l’année. »
Les primes versées par produit amèneraient presque à sourire : 20 cts pour un lave-linge vendu 400 €, de 90 cts à 7 € pour un téléviseur Samsung selon la gamme… « Les salaires sont indécents et bien souvent nous n’atteignons pas le Smic. Darty est contraint de compléter, raconte Karim Chellali. Si on est complété trois fois de suite, la direction vous pousse à la démission… »
Et quelle est donc cette goutte d’eau qui a fait déborder le vase ? « Noscollègues de Lille du SAV ont amorcé le mouvement. La direction a accepté de revaloriser leur salaire de base, au détriment de leurs primes. On demande la même chose. Qu’on nous donne au moins le Smic ! Mais le directeur général refuse catégoriquement de revoir sa politique de rémunération pour les magasins. »
Parallèlement, les vendeurs demandent une reconnaissance de leur métier. « Arrêter la polyvalence à outrance. Chez nous, une secrétaire, une caissière peut être amenée à décharger. La direction, elle, parle d’entraide. »
Le directeur de Darty-Terville n’a pas souhaité commenter la situation, hier après-midi. Le directeur régional n’a pas plus donné suite à notre sollicitation.
Laurence SCHMITT (Article du Républicain Lorrain)
(http://www.republicain-lorrain.fr/moselle/2012/02/05/une-greve-pour-garantir-un-smic)
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L’Union Européenne traverse la crise la plus profonde de son histoire. Une crise financière et économique, qui a des conséquences sociales lourdes, mais qui est aussi devenue une crise politique de l’UE elle-même.
La situation est véritablement alarmante car les graves problèmes de financement qui ont fait surface dans plusieurs États pourraient provoquer une réaction en chaîne et déclencher une nouvelle récession généralisée.
Qui aurait pensé, il y a deux ans à peine, que tant de voix, parfois qualifiées, pourraient envisager une rupture de l’euro ? Un tel scénario, nous le savons, lui ferait perdre tout son sens, voire détruirait le projet européen lui-même qui constitue sans doute une des constructions politiques les plus importantes du XXe siècle.
Comment a-t-on pu en arriver là ? La responsabilité des dirigeants politiques des institutions européennes et des principales nations est très importante. Après deux ans de tergiversations, de contradictions constantes et de politiques erronées, le problème initial – la crise financière en Grèce, dont le PIB ne représente que 2% du PIB de l’UE – n’est toujours pas résolu. La crise de la dette a gagné de nombreux pays : l’Irlande et le Portugal sont sous perfusion, et les spéculateurs s’attaquent aujourd’hui à l’Italie et l’Espagne, pour lesquels une intervention serait beaucoup plus difficile compte tenu de la taille de leur économie, et la crise commence à attaquer, entre autres, la Belgique et la France.
Le virage politique radical du Conseil de l’Europe, le 9 mai 2010, avait été qualifié de nécessaire pour récupérer la confiance des marchés financiers et permettre à leurs agents de financer les États européens à des taux d’intérêt raisonnables. Depuis cette date, le Conseil, la Commission et la BCE ont promu, ou imposé, des politiques d’austérité axées sur la réduction des dépenses publiques ainsi que les fameuses « réformes structurelles » consacrées dans le Plan de gouvernance économique et le Pacte pour l’euro plus. Le prochain sommet du Conseil européen, le 9 décembre, lancera le débat de la réforme du Traité de Lisbonne pour situer ces politiques au cœur d’une gouvernance économique renforcée de la zone Euro.
Le fait est que ces politiques ont échoué. Sur le plan économique, la crise des dettes souveraines s’est propagée et aggravée, la croissance a brusquement chuté dans presque tous les États et le chômage a augmenté dans les pays où les restrictions budgétaires ont été les plus sévères. Les conséquences sociales de la baisse des salaires et des retraites et des compressions des dépenses de protection sociale, d’éducation et de santé sont évidentes : une pauvreté accrue, de nouvelles inégalités, une augmentation de la précarité et une forte érosion de la cohésion sociale. Parallèlement, la solidarité entre les nations s’effrite alors qu’elle est le ciment indispensable de tout projet européen. Des pans de plus en plus importants de la population lui tournent le dos ou s’en méfient. Les idées reçues et les vieux clichés négatifs qui opposent les nations et leurs habitants entre eux refont surface.
Fait inédit, les institutions européennes encouragent une profonde érosion du modèle social, dont les valeurs et les principes sont le signe d’identité et la colonne vertébrale de l’Union européenne, ce modèle dont les valeurs et les principes sont inscrits dans le Traité de Lisbonne.
Les dirigeants politiques de l’Europe ne sont peut-être pas conscients d’un fait très grave : les institutions européennes et de nombreuses nations sont en train de briser le pacte social qui avait permis, après la Seconde Guerre mondiale, de construire les Etats Providence européens et le projet commun qui a abouti à l’Union européenne. Le syndicalisme européen, regroupé au sein de la Confédération européenne des syndicats (CES), a fermement rejeté ces politiques et s’est mobilisé à leur encontre, en Europe et dans de nombreux États. Il n’a pas été entendu jusqu’à présent, alors que les faits cautionnent ses analyses et ses propositions. Malgré le désenchantement profond ressenti par de nombreux travailleurs, nous continuons de soutenir qu’il n’y a pas d’autre solution que l’approfondissement du projet européen, mais avec des formules bien différentes des politiques erronées et injustes que les actuels responsables européens nous imposent. L’heure n’est pas venue de s’en remettre à des gouvernements de technocrates, il faut que la démocratie sociale et politique, ainsi que la participation des citoyens prennent toute leur place.
Que proposons-nous pour sortir de cette crise économique et politique de l’UE ? D’abord, en finir avec les mécanismes de spéculation, et garantir la capacité financière de tous les États membres en apportant un remède définitif à la crise du financement des états. Comment peut-on expliquer que les États-Unis, dont les principaux indicateurs se portent plus mal que ceux de l’ensemble de l’UE, et le Japon, dont la dette publique a atteint 225% du PIB, puissent émettre des obligations à dix ans à des taux d’intérêt inférieurs à 2% alors que certaines nations de la zone euro sont contraintes d’emprunter à des taux de 7% ? La réponse est simple : nous n’agissons pas comme une véritable Union. La seule annonce, crédible, d’une garantie absolue des dettes des Etats mettrait un frein à la spéculation des marchés. Cette garantie pourrait se matérialiser par l’émission d’euro-obligations et la transformation de la BCE en prêteur en dernier ressort.
Le syndicalisme européen, lui aussi, est vivement préoccupé par la stabilité des finances publiques. Mais on ne peut atteindre les objectifs de réduction des déficits et des dettes en anéantissant les économies. Le défi, relevable, est d’y parvenir dans des délais réalistes tout en prenant des mesures, européennes et nationales, pour promouvoir la croissance économique et la création d’emploi. Il est inquiétant que les responsables politiques européens, confrontés au risque élevé d’une nouvelle récession, continuent de se taire sur la croissance et l’emploi et les ignorent dans leurs propositions de renforcement de la gouvernance économique. La reprise ne peut être impulsée par des réformes structurelles fondées sur la compression des dépenses sociales, une notion de la compétitivité orientée vers la déflation des coûts du travail, l’affaiblissement des capacités de négociation collective et l’amoindrissement de la force contractuelle des syndicats.
En s’appuyant sur les décisions du dernier Congrès de la Confédération Européenne des Syndicats (Athènes, mai 2011), nous pensons qu’aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin d’une nouvelle politique monétaire, économique et sociale, dans le cadre d’une gouvernance économique forte de la zone Euro, coordonnée avec celle de l’UE27, mais avec des contenus très différents de ceux que nous proposent les gouvernements. La politique fiscale, à commencer par les impôts sur les sociétés et sur les revenus du capital, doit être commune à maints égards au sein de la zone euro, et harmonisée dans l’ensemble de l’Union européenne. Nous devons aborder d’une manière cohérente les dimensions économiques, environnementales, et sociales de la croissance. Au delà des politiques industrielles, énergétiques et environnementales, le gouvernement de l’économie européenne doit donner la priorité aux politiques en faveur de la création d’emplois de qualité. Faire face à l’ensemble des défis européens est impossible avec un budget exsangue qui représente à peine 1% du PIB. Nous avons besoin d’une institution européenne émettrice de dette et pas seulement d’une Banque Centrale dont la seule mission consiste à contrôler l’inflation.
Le Conseil européen, le 9 décembre, devrait résoudre des problèmes immédiats de la dette et de la croissance et donner des orientations claires s’inscrivant dans la perspective que nous proposons. Le mouvement syndical européen ne défend pas une position partisane : nous cherchons à défendre l’intérêt général et à contribuer à la recherche de solutions à la très grave crise politique de l’UE. Les élus européens devraient être conscients qu’ils ne peuvent pas continuer à ignorer les opinions et les propositions constructives de ceux qui représentent le principal facteur de création de richesses : le travail.
Il faut établir un nouveau contrat social et économique avec la participation active des partenaires sociaux. Un contrat social européen novateur ayant comme grands chapitres, entre autres : l’emploi, les salaires ― que les partenaires sociaux doivent négocier de façon autonome ― les retraites, les allocations de chômage, l’éducation et la santé.
Le pacte fiscal, les politiques de redistribution des richesses, le droit du travail et la négociation collective en ont été le ciment de la plus longue période de prospérité économique et de démocratie en Europe. Ce ciment a soudé des relations du travail modernes permettant une forte implication des travailleurs, par le biais de leurs organisations, dans la vie des entreprises. Ce n’est qu’en nous appuyant sur ces valeurs et ces principes démocratiques qui ont défini le modèle social européen que nous pourrons sortir au plus tôt de la crise avec plus de justice, et ainsi garantir la survie, aujourd’hui gravement menacée, de l’Union européenne elle-même.
Nous exigeons qu’une future révision des Traités se fasse en intégrant la dimension sociale. Nous avons besoin d’une clause générale de progrès social qui mette en place un ‘plan de sauvetage social’ qui mette l’Europe sur la voie du progrès social. Les droits sociaux fondamentaux, notamment en ce qui concerne la négociation collective, doivent être respectés et inclus dans toutes les mesures anticrise. Face à ceux qui veulent changer les Traités uniquement pour renforcer le Pacte de Stabilité, nous considérons que leur modification, même limitée, ne peut avoir pour seuls objectifs d’exercer une pression constante sur les budgets nationaux et le renforcement de l’austérité.
Le progrès de l’Union européenne doit se baser sur la cohésion sociale et la solidarité en interne dans les Etats membres, et dans la solidarité et la cohésion politique entre eux. Pour y arriver, en ces moments difficiles, il faut agir dans un cadre commun européen et ainsi renforcer le dialogue social. C’est pour cela que nous faisons ces propositions, en exigeant que l’on ne marginalise pas les travailleurs dans la recherche de solutions, et en manifestant la volonté de nous mobiliser dans un cadre européen pour l’obtenir.
- Ignacio Fernández Toxo, Secrétaire général de CCOO (Espagne)
- Cándido Mendez, Secrétaire général de l’UGT (Espagne)
- Michael Sommer, Président du DGB (Allemagne)
- Susanna Camusso, Secrétaire général de la CGIL (Italie)
- Bernard Thibault, Secrétaire général de la CGT (France)
- François Chérèque, Secrétaire général de la CFDT (France)
- Anne Demelenne, Secrétaire général de la FGTB (Belgique)
- Claude Rolin, Secrétaire général de la CSC (Belgique)

Source Humanité Dimanche du 3 au 9 novembre 2011, Cour d’Appel de Paris du 18 mars 2005. RG : 04/31155
Débrayage massif des Services Après Ventes et des services le jeudi 22 septembre
Nous, salarié(e)s de Darty Il de France, revendiquons les points suivants :
- Le PAIEMENT DES JOURS DE GREVES (Salaire + Primes)
- L’AUGMENTATION DES SALAIRES de base de 275 € pour tous (EOT, AM et Cadres) ;
- La SUPPRESSION DE LA DEGRADATION DES CONDITIONS DE TRAVAIL, ET DES PRESSIONS PSYCHOLOGIQUES RECCURENTES, notamment dans les CALL-CENTERS (Darty Box, Darty.com, CTT …) ;
- La restauration de la SUBROGATION;
- La revalorisation du SMQ à 1600 € ;
- Le remplacement de la PFA par un véritable 13EME MOIS ;
- La répercussion des investissements de DARTY France sur le CA de DARTY France ; et non uniquement sur celui de DARTY Ile-de-France (Darty box, Darty cuisine…) ;
- L’augmentation de la valeur du ticket restaurant à 10 €;
- Le complément de la PARTICIPATION à la hauteur des AUTRES FILIALES ;
- Pour l’ensemble des TECHNICIENS ITINERANTS qui font NOMAD, l’attribution et l’intégration dans le salaire de base de la prime « administrative » de 120 euros des TECHNICIENS AUTONOMES DETACHES ;
- La compensation du temps perdu avec NOMAD par la diminution de la charge journalière de travail d’au MOINS DEUX INTERVENTIONS ;
- La NEGOCIATION DE VARIABLES SIMPLES MAITRISABLES ET ATTEIGNABLES, et pour lesquels les salariés ont une VERITABLE ACTION DIRECTE ;
- La mise en place de SEUILS DE PASSAGE D’ECHELON OBJECTIFS ET VERIFIABLES ;
- un statut pour les « techniciens LEADERS » et les « techniciens EXPERTS » ;
- un statut pour les assistant(e)s RE, d’assistant(e)s RSC, et d’assistant(e)s PIECES DETACHEES;
- un statut pour les CHEFS DE QUAI ;
- un statut pour les COMMUTEURS ;
- un statut pour les ROULEURS ;
- L’ouverture d’une négociation sur les métiers de la DECHETTERIE ;
- Les moyens matériels, logiciels et humains nécessaires à l’exécution de la charge de travail ;
- La prise en charge par l’entreprise des PV de stationnements ;
Rassemblement à Bondy au siège de l’entreprise, à coté du magasin (N3 129 avenue Gallieni 93140 BONDY)
Contact : Jean Marc Miduri 0675049002 Pierrick Villette : 0610604184 Arnaud Léger : 0628760422
Share on FacebookInterviewBernard Thibault, leader de la CGT, dénonce la gestion gouvernementale de la crise, plan de réduction des déficits en tête.
Economie en berne, chômage en hausse, politique d’austérité, place de la confédération dans l’intersyndicale : Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT a choisi Libération pour faire sa rentrée. Très critique sur la gestion de la crise par le gouvernement, il appelle les autres syndicats à organiser une mobilisation des salariés début octobre.
Vous rencontrez aujourd’hui le Premier ministre, François Fillon, cinq jours après la présentation de son plan de réduction des déficits. Comment jugez-vous ses propositions ?
Outre que ces mesures d’austérité concourent à amplifier la crise, ce gouvernement a une attitude assez lâche. Au lieu de lancer une réforme juste et globale de la fiscalité, il augmente les impôts indirects les plus injustes, comme la TVA, s’en prend aux contrats de complémentaires santé- qui vont toucher tous les salariés pour près de 1 milliard d’euros – ou se défausse sur les collectivités locales, auxquelles il va couper une partie des crédits.
Pourtant, le gouvernement vante la taxe sur les plus hauts revenus…
Le gouvernement l’a lui-même dit : cette taxe sera purement symbolique. Elle intervient surtout quelques mois à peine après une réforme de l’ISF qui a accordé aux plus riches près de 2 milliards d’euros. Or cette nouvelle taxe ne leur reprend que 200 millions, soit 10% seulement du cadeau qui leur a été fait… Et encore, de manière ponctuelle. Mais en aucun cas, il n’y a de réflexion sur la restauration d’un véritable impôt progressif sur le revenu, comme le demande la CGT. Ou une remise en cause des exonérations consenties à l’aveugle aux entreprises [pour un montant de 170 milliards, ndlr], alors qu’aucun mécanisme ne permet d’en apprécier l’efficacité.
C’est aussi une réponse à certains chefs d’entreprise, qui ont lancé un appel pour être davantage taxés…
Les patrons du CAC 40 sont les mieux rémunérés de tous les pays européens. Et on ne me fera pas croire que les résultats d’une entreprise dépendent avant tout des capacités de leur seul premier responsable, et non pas du travail de l’ensemble des salariés qui la composent. Cela dit, s’ils militent pour plus de justice fiscale, la CGT y est tout à fait favorable. Et pour ce qui est de la cotisation à la CGT, c’est 1% des revenus… Plus sérieusement, ce n’est pas avec ce genre de mécanisme, qui conduit à s’en remettre à la générosité des plus fortunés décidant de donner leur obole au budget de l’Etat, que l’on réglera le problème des finances publiques. J’ai la faiblesse de penser que s’ils l’ont fait, c’est parce qu’ils s’attendaient à l’imminence d’une décision du gouvernement. Sentant venir la mesure, encore une fois très symbolique, ils ont préféré prendre les devants. Mais ce geste ne trompe personne. On est encore dans une opération de communication.
La solution passe-t-elle par la «règle d’or» voulue par le gouvernement, qui imposerait aux dirigeants politiques un retour à l’équilibre budgétaire ?
Il s’agit plutôt d’une règle de plomb, prétexte à l’amplification de réformes rétrogrades dont la protection sociale risque d’être la prochaine victime. Si nous sommes tout à fait disposés à débattre de la manière dont les finances publiques peuvent être plus équilibrées, nous n’excluons pas qu’un budget puisse être en déséquilibre. L’important est d’apprécier si c’est justifié économiquement et socialement. Si c’est au profit de quelques-uns, parce que des baisses d’impôts massives leur ont été octroyées, alors le déficit est contestable. Mais s’il s’agit de relancer l’économie dans un contexte de crise, le déséquilibre a sa raison d’être.
Avez-vous été surpris par la forte remontée du chômage ?
C’était malheureusement prévisible. Dès lors que les décideurs politiques refusent d’identifier les véritables causes de la crise, ils appliquent des remèdes éculés, facteurs de chômage et de pression sur le pouvoir d’achat.
C’est-à-dire ?
On a résumé cette crise à une crise financière, ou à un défaut de régulation du système. Ce n’est pas complètement faux, mais largement insuffisant. La crise de 2008 est avant tout la conséquence d’un long cycle de dévalorisation de la valeur travail par rapport au capital. Un seul exemple : les dividendes versés aux actionnaires des entreprises non financières s’élèvent à 210 milliards d’euros en 2010, soit un tiers de la masse salariale de ces sociétés, et davantage que leurs investissements. Ce ratio est clairement intenable, et provoque une pression à la baisse sur le pouvoir d’achat des salariés, tout en maintenant le chômage à un haut niveau.
Quel lien avec la crise des dettes publiques ?
Plus de chômage et moins de consommation, c’est moins de rentrées financières pour l’Etat et la protection sociale. Les déficits publics ne sont pas dus à un excès de dépenses publiques, mais à un défaut de recettes, conséquence directe de ce déséquilibre entre travail et capital. Or ce diagnostic erroné de l’endettement public fait par les gouvernements devient aujourd’hui le prétexte à toutes les mesures d’austérité. Avec cet étrange phénomène, qui voit tous les chefs d’Etat se mettre au garde-à-vous devant les exigences du marché ou des agences de notation, ces organismes privés échappant à tout contrôle démocratique, afin de maintenir cette rentabilité pour les actionnaires. On alimente ainsi en boucle un système qui est la cause même du chômage.
Vous attendez-vous à des difficultés sociales à la rentrée ?
Nous ne cultivons pas le pessimisme par plaisir. Mais en tant qu’organisation syndicale, nous sommes très inquiets. Encore une fois, les mesures de rigueur vont contribuer à amplifier la crise. Je m’attends par ailleurs à ce que beaucoup d’employeurs s’appuient sur des projections de croissance revues à la baisse pour nous expliquer qu’il va falloir revoir le plan de charge, l’organisation du travail, les effectifs, voire les salaires. Je crains que cet engrenage nous conduise à une nouvelle récession économique.
N’êtes-vous pas enfermé dans un cadre national, alors que la crise dépasse largement les frontières de la France ?
Nous avons toujours eu une approche nationale, mais aussi internationale, notamment au sein de la Confédération européenne des syndicats (CES), avec laquelle nous appelons à une euromanifestation à Wroclaw, en Pologne, le 17 septembre. L’action syndicale est d’actualité dans de nombreux pays européens. C’est d’ailleurs la première fois que se dégage une telle unanimité des 83 syndicats qui composent la CES contre la politique européenne, contre une politique de la Commission qui pousse chacun des Etats vers toujours plus de libéralisme, de révision des dépenses publiques, de flexibilité du travail, de réforme des retraites… Nos dirigeants ne peuvent pas attendre des travailleurs qu’ils soutiennent une Europe qui a de telles conséquences sociales sur leur vie, leur travail, leur pouvoir d’achat. S’ils n’entendent pas, le rejet de l’Europe, la montée de l’extrême droite dans un certain nombre de pays ne fera que s’accentuer.
On vous dit tenté de sortir du cadre de l’intersyndicale, et de reprendre votre autonomie d’action, notamment à l’égard de la CFDT…
Si tel était le cas, l’ensemble de nos structures, que nous avons réunies jeudi, ne se serait pas prononcé pour une journée d’action unitaire début octobre, faite de manifestations et de propositions d’arrêt de travail dans les entreprises. Et c’est cette proposition que nous ferons à nos partenaires lors de l’intersyndicale du 1er septembre. Je suis même optimiste quant à la possibilité de dégager une position commune avec les autres syndicats, pour infléchir cette politique qui consiste à privilégier les exigences des marchés financiers et des agences de notation. Avec ce mot d’ordre : «L’austérité, ça suffit !»
Même avec FO ?
Il n’y a que Force ouvrière qui puisse répondre à cette question. Cela dit, j’ai entendu Jean-Claude Mailly déclarer que l’on avait «évité le pire» à propos des mesures Fillon. Donc je ne sais pas s’il sera disposé à nous rejoindre.
Comment la CGT va-t-elle se positionner pendant la campagne électorale ?
La CGT se positionnera comme syndicat, mais en temps et en heure. Dans l’immédiat, la Terre ne s’arrête pas de tourner parce qu’il y a des élections dans neuf mois. La plupart des salariés ont besoin d’une réponse immédiate à leurs préoccupations de tous les jours : ils ont des problèmes de chômage, de pouvoir d’achat, de logement, de santé… qui ne cessent pas d’exister à cause de la campagne électorale.
Comment jugez-vous le bilan de Nicolas Sarkozy ?
Nous affinerons notre analyse au cours des prochains mois, mais le regard de la CGT sur le mandat de l’actuel président de la République sera, a priori, féroce. Son bilan est très négatif. Il a très largement piétiné le dialogue social, amputé et détricoté méthodiquement les droits des salariés, attaqué le temps de travail avec la remise en cause des 35 heures, et favorisé l’extension du travail du dimanche… L’apothéose restant la réforme des retraites, dont les premières victimes apparaissent d’ores et déjà.
Serez-vous candidat à nouveau mandat à la tête de la CGT ?
Les questions relatives au prochain congrès de la CGT, y compris celles liées à sa direction, seront d’abord débattues en interne. Aujourd’hui, je suis dans l’action, c’est la rentrée sociale, et ma priorité est de mener le combat contre les politiques d’austérité.
Dans Libération du 29 aout 2011
LUC PEILLON, JEAN-CHRISTOPHE FÉRAUD
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Conso : De nombreux salariés dénoncent ces méthodes commerciales
Attention à la vente commissionnée. Très répandue dans l’électroménager, cette pratique – un bonus versé à l’employé qui écoule un certain produit – a toujours été critiquée par les associations de consommateurs. Désormais, les vendeurs s’y mettent aussi. Dans les sections syndicales de Darty ou de Boulanger, beaucoup dénoncent une pression insupportable, qui dégrade fortement leurs conditions de travail, et les empêche de parfaitement conseiller le client.
Salariés épuisés
Pour un vendeur d’électroménager, la part des commissions (sur un produit ou ses périphériques) peut représenter la moitié, voire plus, du salaire mensuel. « Cela tourne entre 500 et 700 € par mois, pour un salaire fixe compris entre 1 000 et 1 300 € », détaille ainsi Joseph*, conseiller photo à la Fnac Lyon Bellecour. Dans certaines enseignes, la base fixe est établie en dessous du smic. Si l’employé n’atteint pas le seuil avec ses commissions, la direction mettra la main à la poche. « On nous met la pression sur les services et les extensions de garantie, avec des mails plusieurs fois par jour, des objectifs chiffrés, des tableaux de résultats », poursuit un autre vendeur de la Fnac.
Avec de tels « incitatifs » à augmenter son salaire, la mission d’écoute et d’expertise du vendeur passe parfois au second plan. Une situation paradoxale, alors que les clients viennent chercher en magasin les conseils qu’ils ne trouvent pas sur Internet. « La question n’est pas de savoir si l’on peut faire confiance aux vendeurs, mais plutôt s’ils peuvent vraiment pratiquer leur métier, estime Pierrick Villette, responsable syndical de la CGT Darty-Ile-de-France. On a des compétences, mais on ne peut pas les utiliser. » Ces méthodes de vente, nocives pour les clients, semblent épuiser les salariés. « On a un turnover de 25 %, presque aussi haut que dans la restauration rapide », poursuit Pierrick Villette.
Avant 2000, il n’y avait pas de CTT et les techniciens partaient avec 10 interventions par jour, pour 39 heures de travail hebdomadaire.
Aujourd’hui après deux accords de réduction du temps de travail signés par la CFDT, CAT, CFTC et la CGC en 2000 et 2006 et la mise en place des CTT en 2003, où en sommes nous dans les SAV… OÙ SONT PASSE NOS 35 HEURES ?
Avec l’ARTT de 2000 ce n’est plus 10 interventions départs mais 10 interventions faites par jour pour 15 RTT maximum. Il n’y a donc pas eu de réduction du temps de travail hebdomadaire, de ce fait ce n’est pas 15 mais 22 RTT que nous aurions dû avoir.
A l’époque seule la CGT a saisi l’inspection du travail sur l’absence de contrôle du temps de travail et le non- paiement
des heures supplémentaires. L’inspection du travail a donné raison à la CGT et a dressé un procès verbal à l’encontre de DARTY.
Suite à cela, en 2006, l’entreprise a fait signer aux organisations syndicales majoritaires de l’entreprise un accord de forfait jour pour ne pas avoir à contrôler le temps de travail des techniciens et ne pas leurs payer les heures supplémentaires.
Rajoutons à cela les pressions qu’exerce la direction de Darty sur les salariés des CTT pour qu’ils fassent le maximum de terminés, ne laissant que des dépannages longs et compliqués aux techniciens, au détriment de leur temps de travail et de leur vie de famille.
De surcroît, avec l’ARTT de 2006 nous restons à 10 interventions faites par jour, mais nous n’avons plus que 12 RTT.
Comment les organisations syndicales majoritaires ont-elles pu signer de tels accords ?
Et aujourd’hui, cerise sur le gâteau, mise en place du projet NOMAD. L’entreprise nous impose encore plus de travail et de responsabilité pour pas un rond. Et quel avenir pour les magasiniers et les chargées de clientèle des SAV ?
Alors un grand merci à la CFDT, CAT, CFTC, CGC pour avoir mis en place le forfait jour…Vous avez bien défendu les intérêts de la direction en oubliant les salariés qui ont votés pour vous !!! Grâce à vous, l’entreprise peut faire travailler les techniciens 13 heures par jour, 6 jours par semaine.
Il faut que cela s’arrête, aux élections du 7 avril 2011 vous aurez votre avenir entre vos mains. Ne donnez pas vos suffrages aux organisations syndicales qui vous dupent depuis une décennie et qui sont responsables de cette descente aux ENFERS.
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